22.12.05

Angel-A

Film français réalisé par Luc Besson, avec Jamel Debbouze, Rie Rasmussen... 1h 30.

André Moussa, 28 ans, nous regarde dans les yeux et se présente, brièvement. Citoyen américain, il vit à Paris pour les affaires. Et il a des dettes envers tous les caïds du coin. On retiendra surtout qu'il n'aime pas la vie, d'abord parce qu'il ne s'aime pas lui-même, et qu'il se ment constamment. La silhouette hésitante d'André enjambe donc la rambarde d'un de ces nombreux ponts qui surplombent la Seine. Quelques mètres plus loin, une jeune femme semble avoir la même idée : après trois mots, elle plonge, lui aussi, pour la repêcher. Angela, grande blonde, petite robe noire disons... "courte", va peu à peu lui faire reprendre goût à la vie. Seuls les anges sont capables de le faire aussi bien, et aussi vite. Et justement, dans "Angela", il y a "ange"...

Dire que le neuvième film de Besson était attendu serait un euphémisme. Il faut dire que le bonhomme a l'art de cultiver le mystère (à outrance ?) : l'intrigue du film est restée secrète jusqu'à sa sortie, le tournage a eu lieu derrière des bâches de 7 mètres de haut, etc. On savait juste que Jamel serait de la partie. A ses côtés, Rie Rasmussen, d'origine danoise, sosie de Milla Jovovich, incarne le personnage féminin typiquement "bessonien" : la grande blonde nordique à cheveux raides, légèrement borderline. Ce film pourrait être qualifié de comédie sentimentale, avec une touche d'humour (Jamel oblige), un peu de castagne (vraiment peu pour un film de Besson) et du fantastique. Angela est en effet un ange, un vrai, tombé du ciel, qui repartira avec ses ailes. Comme André, on a du mal à y croire : le pari est osé, et casse-gueule (nous n'évoquerons pas la navrante Joséphine de TF1). Mais l'élégance de Paris filmé en noir et blanc et la classe de la mise en scène confèrent à l'ensemble un côté à part. Malgré quelques contradictions (l'ange fume comme un pompier, n'hésite pas à tabasser...) et une morale qu'on a peine à cerner, cet Angel-A mérite un A. Et offre à Debbouze un contre-emploi qu'il réussit avec brio.

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