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21.5.07

Zodiac

Film américain réalisé par David Fincher, avec Jake Gyllenhaal, Mark Ruffalo, Anthony Edwards... 2h 36. Sortie le 17 mai 2007.

Dans la Californie de la fin des années 1960, un insaisissable tueur en série sème la panique. Il se fait appeler "Zodiac", communique par messages codés avec les journalistes et la police, et n'hésite pas à monopoliser la une des journaux et les écrans de télé en forçant la diffusion de ses communiqués, qui commencent invariablement par "This is the Zodiac speaking...". L'enquête pour découvrir son identité est délicate : la police et la presse se disputent les indices et les scoops, s'efforçant de s'accrocher à des preuves innombrables mais déroutantes. Un dessinateur du San Francisco Chronicle, Robert Graysmith, se passionne pour l'affaire et mène obstinément sa propre enquête durant dix ans, allant jusqu'à mettre sa personne en danger : traquer le Zodiac, c'est se désigner comme cible...

Sélectionné à Cannes, ce film est basé sur des faits et personnages réels. Le réalisateur David Fincher s'est très précisément documenté, suivant les traces de Robert Graysmith qui a consacré deux ouvrages au tueur énigmatique. On a donc affaire à un thriller, mais ici pas de courses poursuites, juste une énigme qui tient le spectateur en haleine durant tout le film, pourtant long de 2h 30. Les certitudes sont balayées à coup de témoignages, de preuves irréfutables réfutées, d'analyses graphologiques contradictoires... L'enquête piétine, mais la quête obsessionnelle de vérité reste intacte. Jake Gyllenhall campe un personnage attachant de boy scout coincé. Le réalisateur n'en fait pas un héros : il se trompe, met en danger sa famille, animé par la volonté de fixer le Zodiac dans les yeux, en étant convaincu de tenir le coupable. Un film pas forcement original, mais terriblement prenant.

11.1.06

Jarhead : la fin de l'innocence

Film américain réalisé par Sam Mendes, avec Jake Gyllenhaal, Peter Sarsgaard, Jamie Foxx... 2h 03

Août 1990 : l'Irak de Saddam Hussein envahit le Koweit pour cause de pétrole. Bush père déclenche l'opération "bouclier du désert". Anthony Swofford, jeune marine las de ramper dans la boue de son camp d'entraînement, va enfin voir du pays, et peut être même tuer un homme. Sauf que pour l'instant, lui et ses joyeux compagnons sont juste chargés de protéger les puits de pétrole, ce qui n'est pas franchement folichon au quotidien. Son combat sera de lutter contre la chaleur du désert et l'ennui...

Les américains semblent particulièrement enclins à adapter leur Histoire récente sur grand écran. Alors que se prépare le 11 septembre selon Oliver Stone, voilà donc la Guerre du Golfe. Force est de constater que Jarhead offre une vision peu glorieuse de ce conflit. Sous ses airs de film de guerre, Jarhead serait en fait plutôt l'inverse : on y voit l'attente, les crises de nerf et les doutes qu'elle engendre, la frustration de l'inaction... Le tout filmé à hauteur d'homme, un point de vue volontairement singulier pour une guerre qui sera pliée grâce aux frappes de l'aviation. C'est sans doute ce qui rend Jarhead si réaliste (le film est d'ailleurs inspiré d'un livre écrit par le vrai Anthony Swofford), alors que réalisme rime souvent avec hémoglobine en la matière. Malgré quelques longueurs (peut être nécessaires ?), on a même droit à quelques séquences de toute beauté, comme l'apparition surréaliste de ce cheval entre les puits de pétrole et l'obscurité du désert. Quant à Jake Gyllenhaal (il va falloir s'habituer à ce nom), il est impeccable. Ah oui, j'oubliais, "Jarhead" signifie "tête de bocal". Les marines s'appellent comme ça entre eux. Cool, non ?